• Jana Call me J

Emotions Extraordinaires

Monsieur Le Président

Je vais vous raconter une petite histoire


Celle d'une petite immigrée qui arrive de son pays natal, la Croatie, à l'âge de 14 ans avec ses parents, envoyés de l'Ambassade du pays qui à l'époque s'appelait encore la Yougoslavie.


Chouette, elle va apprendre la langue française et 4 ans après ce mandat retourner dans son pays puisque le climat y est plus méditerranéen et chaleureux, puisqu'elle trouve que les parisiens sont une espèce distante et étrange à apprivoiser lorsqu'on est ado. Un milieu hostile à qui vient d'ailleurs.


Mais elle aime les goûters dans les Ambassades des pays différents, découvre le premier couscous du Maroc, le manioc chez les kenyans, s'émeut des chants des coeurs de l'Armée Rouge chez les russes.


Changement de programme. Parce que la vie a toujours bien plus d'imagination que nos petits cerveaux, écrivant les scénarios qu'on n'a envisagé à aucun instant, elle la fit tomber dans le piège d'une rencontre amoureuse, la toute fraîchement majeure immigrée croate, qui toute malheureuse et en pleurs décide finalement de rester à Paris.

Petit à petit, les larmes s'épuisent, les parisiens deviennent une espèce amusante à apprivoiser, en apprenant la langue on les trouve tantôt drôles, tantôt cyniques, et on finit par se sentir chez soi dans cette belle ville.


Ma maison est là où mes pieds sont

Après ce préambule, où vous m'avez reconnue dans la "petite immigrée croate", vous pourrez plus facilement imaginer ma tête ébahie, lorsqu'au réveil, sur mon île croate où j'essayais désespérément de passer quelques semaines de vacances (revenant à Paris à 3 reprises en 10 jours pour les missions photos qu'on ne refuse pas) je regarde mon WhatsApp, encore sous les draps du lit conjugal, yeux flous par la torpeur des doux rêves, je lis : 


"Hi Jana, do you think you could accompany us to the Elysee Palace

for the special event with President Macron just prior to the ceremony ? We need to capture Tom* and Laureats** with the President. If you meet us at the Royal Monceau at 4:30pm, we could take you with us to the Elysee Palace and then directly to the Chateau de Versailles*** afterward. " 


Pour les non anglophones :

Hi Jana, est-ce que tu penses pouvoir nous accompagner au Palais de  l'Elysée pour un événement spécial avec le Président Macron, juste avant la cérémonie ? On aurait besoin de saisir Tom (*Pritzker; le propriétaire du groupe Hyatt) et les Lauréats (**du meilleur architecte de l'année) avec le Président ? Si tu nous rejoins au Royal Monceau à 16h30 nous pourrons t'emmener avec le groupe au Palais de l'Elysée et ensuite directement jusqu'au Château de Versailles (***où se tenait la cérémonie de la remise du prix le plus prestigieux d'architecture, Pritzker Prize, assimilé au prix Nobel et décerné pour 2019 au Japonnais Arata Isozaki).


Pas besoin de décrire la frénésie de toute la maisonnée, mari et amis que j'abandonne sur mon caillou pour courir prendre le ferry, l'avion, la dépanneuse (qui tombe en panne aussi, mais ça c'est une autre histoire) et arriver la veille de l'évènement à Paris (encore...).


Tout au long de ma vie professionnelle et personnelle j’ai eu l’opportunité de côtoyer les célébrités et les personnalités publiques qui ont marqué notre histoire contemporaine, mais entrer à l’Elysée à la rencontre du Président de la République française se place au-dessus de tout. 


(si, si, les copines, même au-dessus de Pierce Brosnan et son « Jana, come and take a cappuccino ! » ou le coup de fil où à l’oreille Dustin Hoffman me dit de sa grooosse voix : 

« Hi, I’m Dustin, Dustin Hoffman », inoubliables). 




Quand on franchi la porte d'entrée du Palais de l’Élysée

on ne pense pas à la politique, on ne pense pas à l’homme à la tête de cette politique (enfin, si c’était un extrémiste, ça ne se discuterait même pas). On pense à se tenir debout avec ses genoux tremblants, à ne pas se prendre les pieds dans les tapis épais se retrouvant avec la garde républicaine sur le dos qui pourrait penser qu'on attaque le Chef d’Etat avec son gros zoom, pendant qu'on recrache ses dents.


Ça donne de l’hésitation au doigt sur la gâchette, le fait de shooter le Président.  Ça donne de l’hésitation au doigts sur le déclencheur le fait de photographier le Président.

C’est mieux ainsi.


Ça donne des émotions pas ordinaires quand la main de ce Président se pose sur l'épaule pendant qu'il parle à la petite immigrée croate qui s'émerveille, émue.


Et quand ton client t'envoie un coursier le lendemain matin pour te sortir de ta rêvasserie (et t'évite de rater ton vol de retour) pour t'envoyer un courrier de remerciement avec la réplique de la médaille du Prix Pritzker, ce sont vraiment des émotions extraordinaires pour une femme ordinaire. 


Pour des raisons évidentes aucune photo du Président prise lors de cette cérémonie ne pourra être divulguée ici. Mais ça, vous vous en doutiez :)


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